Ils m'ont fait passer de coach débordé à vrai chef d'entreprise
J'ai ouvert CrossFit Arlon en 2022, après quatre ans comme ingénieur informatique en audit au Luxembourg. J'avais 30 ans et c'était la pire des sensations, aller complètement vers l'inconnu, se demander tous les jours si on va réussir à se sortir un revenu. La première salle a très bien marché, on a atteint la capacité maximum en trois mois, ce qui m'a permis d'en ouvrir une deuxième.
C'est là que ça s'est compliqué. Avec deux salles, toutes les charges sont dupliquées : double loyer, double planning, double coaching. Pour garder la
même rentabilité, il aurait fallu doubler le nombre d'adhérents, et ce n'est pas ce qui s'est passé. Des salles concurrentes ont ouvert. Il a fallu que je
devienne chef d'entreprise et que je me pose enfin la question de comment on fait venir les gens.
Sauf que je suis ingénieur, pas commercial. J'avais suivi quelques formations, je connaissais les concepts, mais je n'avais pas les clés en main pour les appliquer chez moi. Je voyais bien qu'on plafonnait et que ce que je mettais en place n'avait pas de sens.
Mes freins avant de signer étaient simples. Le coût d'abord : quand on gère
une box de CrossFit, on calcule à l'euro près, et on pense beaucoup plus à ce que ça va coûter qu'à ce que ça va rapporter. On était à 1 000 euros près en
trésorerie. Ensuite la perte de contrôle : la communication, je la gérais entièrement seul, et l'idée de la confier à des gens qui ne connaissaient pas
notre identité me bloquait.
Deux choses ont levé ces freins. L'absence d'engagement, avec un mois de préavis, ce qui voulait dire que si ça ne fonctionnait pas je pouvais m'arrêter. Et une stratégie mise en place dès le démarrage qui m'a fait récupérer l'investissement de départ. C'est exactement ce qui s'est passé.
Un an plus tard, le bilan :
- le chiffre d'affaires a doublé, de façon constante et pas sur un coup ;
- je me rémunère, ce qui n'était pas le cas avant ;
- on a revu toutes nos offres. On ne vend plus un abonnement de CrossFit, on vend un changement de vie, avec des services auxquels je n'aurais pas pensé ;
- on a supprimé la séance d'essai gratuite au profit d'un rendez-vous conseil en tête à tête, et ça a tout changé sur la conversion et sur la rétention ;
- mon équipe est montée en compétence, y compris sur la vente, qui n'est pas un réflexe naturel pour un coach ;
- je suis parti un mois en vacances, sans m'occuper de la relation client ni de la comptabilité, et tout a continué à tourner. Mon sentiment de liberté a explosé.
Mon conseil à un gérant de salle qui hésite : ne partez pas du principe que vous savez tout faire. Notre métier, c'est coach et gérant. Commercial, c'est un autre métier. S'il y a quelqu'un à côté qui est bon là-dedans, il faut accepter de se faire aider et d'investir un peu pour l'avenir de sa société.
Tom, CrossFit Arlon 1 & 2 (Belgique)








